Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 21:00
Dans le précédent article, nous avions laissé les Rolling Stones avec un Brain Jones mort, un nouveau guitariste (Mick Taylor) et aussi un album qui se vend très bien, "Let It Bleed". Ce ne sont pas les seuls changements pour le groupe. Alors que Decca et London Records avaient depuis le début assuré la distribution des albums des Stones, respectivement en Angleterre et aux Etats-Unis, le groupe ne renouvelle pas son contrat. Il faut dire que Decca n'avait pas toujours été très réglo avec son groupe le plus vendeur. En 1970 est fondé le label "Rolling Stone Records", qui comme son nom l'indique, n'a vocation à distribuer que les Stones. Au contraire, Apple Records, le label des Beatles, essayait de signer des artistes extérieurs.
Les Beatles justement, annoncent leur séparation le 10 Avril 1970. L'éternelle dualité Stones/beatles n'a donc plus lieu d'être. C'est donc à tous points de vue une ère nouvelle pour les Stones.

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1971StickyFingers.jpg 1971 - Sticky Fingers
Alors bien sûr cet album, on vous en a rabâché les oreilles. Et bien c'est tout à fait justifié. On peut dire sans trop de mal que les Stones ont atteint leur sommet avec cet album qui marque leur entrée dans les années 70. Sommet musical, puisque la formule stonienne est ici poussée à son maximum et à son meilleur. Sommet dans l'art de la provoc' aussi... Quand on pense que le titre "Let's Spend The Night Together" avait choqué seulement quatre ans auparavant, difficile de croire que les paroles du célébrissime "Brown Sugar" aient pu être seulement envisagées. Incroyablement raciste et misogyne, le texte de ce morceau me rend presque honteux d'apprécier la chanson. Difficile pourtant de faire autrement. Les textes ne brillent pas tant par leur qualité que par l'attitude de Jagger qui les chante. Toutes les chansons sans exception mentionnent une drogue ou une autre, avec une mention spéciale pour "Dead Flowers", et son refrain superbement cynique. Je pourrais noircir encore quelques pages pour vous dire combien cet album est époustouflant, mais je vais me contenter d'un seul mot: INDISPENSABLE.

1972ExileOnMainSTreet.jpg 1972 - Exile On Main Street
Si vous achetez la musique au poids, prenez donc celui-là. Il s'agit en effet du double album des Stones (même si aujourd'hui tout tient sur un CD). Et en plus il n'y a rien à jeter ou presque. Mais bon ce format n'est quand même pas très adapté aux Stones, le tout est un peu trop long pour être apprécié pleinement. Et les accros aux singles vont être un peu déçu puisqu'il n'y a pas vraiment de hits sur celui-là. En revanche la musique ratisse plus large que sur le précédent, avec des tentatives country comme "Sweet Virginia". C'est cet album qui achève la consécration des Stones, après lui tous les albums du groupe seront assurés de décrocher le platine. Ce qui signifie pour eux un certain confort, mais le confort se marie mal avec le rock 'n' roll. Je ne suis pas d'un naturel chauvin, mais je me permets de faire remarquer que cet album a été enregistré en France, pour des raisons certes peu glorieuses. Comme l'indique le titre, il s'agissait d'un exil fiscal sur la côte d'Azur. Je recommande au passage l'excellente vidéo tournée à cette époque ("Gimme Shelter") qui suit les Stones dans leur quotidien.

1973GoatHeadSOup.jpg 1973 - Goats Head Soup
Quand on vous disait que "Exile" marquait le début de la fin... Après une série de chefs d'oeuvre il fallait bien une daube. C'est chose faîte avec Goats Head Soup (qu'on ne voit pas souvent dans les bacs des disquaires). Ce sera quand même l'album préféré de votre petite soeur. Il compte en effet un nombre incroyable de ballades, dont la célébrissime "Angie". Une amie prénommée Angie m'avait confié que ses parents n'étaient pas fans des Stones mais adoraient cette chanson. Voilà qui résume bien: cet album n'est pas vraiment destiné aux fans du groupe.

1974ItsOnlyRockNRoll.jpg 1974 - It's Only Rock 'n' Roll
Comme le suggère le titre, cet album est un retour à des valeurs plus sûres. Du pur Rock 'n' Roll, mais un son quand même plus moderne. A bien y regarder, cet album est même plutôt innovant, avec des éléments funk sur "If You Can't Rock Me" et "Fingerprint File", ou un long solo façon Santana sur "Time Waits For No One". Ce n'est certainement pas ce que le groupe fait de mieux, mais ils ont le mérite d'essayer de se varier un peu.

1976BlackAndBlue.jpg 1976 - Black And Blue
Mick Taylor a brusquement décidé de quitter le groupe. En plus d'être végétarien et non-fumeur, il commencait à trouver un peu lourd de n'être jamais crédité comme compositeur. Il espérait faire une carrière solo à la Clapton. Mais avec le nouveau guitariste Ron Wood, le groupe continu d'explorer d'autres territoires musicaux, dans la veine du précédent album. Dans cette optique, le très bon (le funk "Hot Stuff" ou "Melody un superbe blues façon Chicago) contoie le ridicule: "Cherry Oh Bay", une pitoyable approximation de reggae. Malgré ce faux pas il s'agit d'un très bon album.

1978SomeGirls.jpg 1978 - Some Girls
Il s'agit de l'album le plus vendu des Stones (au sens propre!), et la raison de ces ventes, c'est le single qui ouvre l'album, le célèbre "Miss You". Un single franchement disco, matraqué par les radios et MTV. Dit de cette façon ça ne donne pas très envie. C'est pourtant un excellent titre. Je n'oserais pas l'admettre en public, mais c'est peut-être bien mon morceau préféré du groupe. Un son varié (harmonica, saxophone), une ambiance torride... Et puis cette incursion disco était d'une certaine façon courageuse. D'autant que l'album ne s'arrête pas là. Country, rock 'n' roll, tout est passé en revue. Malgré tout la sauce ne prends pas vraiment... Le jeu de batterie de Charlie me semble un peu plat par exemple... Mais disons qu'après avoir écouté toute leur discographie pour les besoins de l'article, je ne suis plus très objectif!
Par Simon - Publié dans : FYI - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 23:46
1977
Red Star

200px-Suicide1977.jpg Tiens je suis d'une humeur propice à l'écclectisme ces derniers temps. Alors je vais parler un peu d'électro. Bon en même temps l'électro j'y connais rien, c'est pour ça que je parle de Suicide. En effet ce duo était persuadé de faire du punk, Alan Vega prétend même avoir inventé le terme en l'inscrivant sur un flyer en 1971. Et cette classification est loin d'être mauvaise. Après tout Suicide ne fait que dépouiller le rock 'n' roll, le vrai, celui des 50's, pour y réinjecter de l'urgence et de la violence. Avant les Cramps, Suicide se fait une spécialité du recyclage de plan rockabilly, ce qui est particulièrement flagrant sur "Johnny". Sauf que bien sûr ce disque, le premier du duo, se démarque franchement de la production punk.

En 1977, quand la mode est aux guitares saturées et aux assauts de batterie, Suicide trouve un moyen bien plus efficace de choquer : ils utilisent une boîte à rythme et des claviers. Toute la partie instrumentale est gérée par Martin Rev, caché derrière d'immenses lunettes de soleil. L'autre moitié du duo se nomme Alan Vega, le frontman punk absolu. Au lieu d'essayer de choquer le bourgeois, Vega préfère choquer son audience et il y arrive très bien. L'inspiration pour son  "jeu de scène" (mais est-ce bien un jeu?) viendrait d'un concert des Stooges auquel Vega a assité. Il répète donc le concept de la confrontation avec le public lors de ses concerts. On peut voir dans ses yeux une lueur de profonde démence lorsqu'il est sur scène, et il est célèbre pour utiliser une chaîne de moto comme "accessoire". Certains concerts tourneront franchement à l'émeute et Martin risque sa vie chaque fois qu'il joue : il aurait même essuyé un lancer de hâche lors d'un concert en première partie du Clash en 1978. Vega ne chante quasiment jamais : il pousse des cris, il murmure, il halète comme un Elvis Presley devenu fou, bref il passe par toutes les émotions et les expriment très littéralement. La violence du personnage nous parvient lorsque ses cris nous déchirent littéralement les tympans sur "Frankie Teardrop".

revandvega2.jpg Il faut bien le minimalisme électronique généré par Martin Rev pour donner un cadre à la folie et à la violence de Vega. Ces instrumentaux dépouillés, ces boîtes à rythmes plus que répétitives sonnent comme un manifeste de la no-wave, en remplissant toutes les caractéristiques du genre. La texture des sons est primordiale, et elle ne prend son sens qu'une fois le volume poussé au maximum. En écoutant les parties instrumentales, on sait où Autechre a été cherché son inspiration. Le génie de Martin Rev, c'est que même en superposant les claviers, il ne remplit jamais l'espace sonore, ce qui provoque un sentiment de malaise chez l'auditeur. D'ailleurs on ne rentre pas facilement dans la musique de cet album, pourtant en apparence si dépouillé, si simpliste. L'album aborde des thèmes finalement assez classiques mais avec une vision pour le moins nouvelle. Qu'il s'agisse d'amour ("Cheree", "Girl") ou d'un fait divers sanglant ("Frankie Teardrop"), le chant décrit le monde d'une façon crue, violente et oppressante. Ce sentiment ne fait que s'accroître au fil du disque, jusqu'à l'apothéose que constituent les deux derniers titres.

L'album dans sa version d'origine dépasse à peine les 30 minutes. C'est peu, donc les rééditeurs se sont senti obligé d'en rajouter, histoire que le client en ait pour son argent. Je vous conseille de vous arrêter après "Che" qui conclue normalement l'album. Ce conseil vaut pour presque tous les CDs avec bonus tracks, mais pour celui encore plus. Après la conclusion de l'album, une sorte d'ascension dans la violence, personne n'a envie d'entendre une deuxième version de "Cheree". Cette ballade, quoique gentiment niaise, est très bien lorsqu'elle est placé en début d'album ; elle n'a  en revanche aucun sens après "Che" et "Frankie Teardrop", qui sont les deux morceaux les plus complexes et les plus sombres de l'album (les meilleurs aussi). En revanche un deuxième CD (eh oui nous sommes gâtés) propose un live au CBGB's en 1977. Ce live est un superbe prolongement de l'album, bien qu'aucun des titres n'en soit issu. On y trouve notamment une reprise assez étonnante du classique "96 Tears" (joué à l'origine par "? and the Mysterians" en 1966). Le morceau "Harlem" vient aussi apporter une touche de diversité étonnante avec son énorme boîte à rythme tribale. La septième plage est un autre live, le célèbre "23 Minutes Over Brussels" qui a été distribué dans le passé sous forme de flexi-disc. Il s'agit d'un concert en première partie d'Elvis Costello, durant lequel Suicide essayera de jouer son disque en entier et dans l'ordre. "Essayera" seulement puisque le public brussellois vire carrément le duo après 23 minutes d'anthologie.  L'animosité croissante du public au fil du concert ajoute à la folie de la musique.

Visiblement la musique de Suicide était beaucoup trop folle pour l'époque et on peut présumer qu'elle l'est encore trop aujourd'hui. D'ailleurs Suicide a un peu été dépassé par ses suiveurs depuis le début des 90's . Ils ont acquis un statut culte mais ont échappé à la célébrité.Ilg_fck
Par Simon - Publié dans : Albums - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 01:18
"Amen, Brother", un funk instrumental, reprise d'un vieux classique gospel par "The Winstons". Paru en 1969 comme la face B du 45-tours "Color Me Father"", il est aujourd'hui le morceau de batterie le plus célèbre du monde. Et pourtant vous ne l'avez peut-être jamais entendu. Il faut dire qu'on en a retenu moins de six secondes. A 1:26 le batteur Gregory Sylvester "G.C." Coleman entame un break de 5,2 secondes, quatre mesures d'anthologie. Sa régularité de métronome et la production très compressée, (sans parler du groove irrésistible) lui vaudront d'être le passage le plus... samplé de la musique moderne. On peut désormais entendre l'amen break dans un nombre incalculable de morceaux de hip-hop, de Drum 'n' Bass, ou même en fond sonore de pubs radio ou télé!


NB : dans le morceau ci-dessus, le break en question est ralenti, ce n'est pas la version originale mais une version spécialement éditée pour les DJs en 1986. C'est malheureusement la seule version complète du morceau que j'ai trouvé.

Son apparition la plus célèbre est sans doute sur le morceau "Straight Outta Compton" de N.W.A. (le groupe qui comptait entre autres Dr. Dre, Eazy-E et Ice Cube). Paru en 1988 ce morceau utilise la première mesure du break, dans une version "propre" et à la vitesse d'origine.


En 1990, Mantronix utilise lui aussi le break dans une version légèrement ralentie et salie. Elle est surtout "chopped" c'est à dire découpée informatiquement en morceaux, ce qui permet de reprendre le beat à n'importe quel moment dans la mesure pour donner cet effet saccadé typique. Ce morceau justement intitulé "King Of The Beats" ouvre la porte à l'utilisation qui sera faîte de l' "amen break" durant les années 90 dans l'electro. De fait c'est ce beat qui est quasiment à lui seul à l'origine de la Jungle et du Drum 'n' Bass.



Ce "recyclage" qui est l'origine du rap et d'une partie de l'electro est absolument passionnant. C'est une façon géniale de redonner une deuxième vie à des morceaux oubliés. C'est toujours assez jubilatoire de faire le lien entre un sample de rap et le morceau de funk dont il est issu. Pourtant le système a de graves limites : bien que l'amen break ait été samplé des milliers de fois (souvent samplé depuis un sample), ni le propriétaire des droits Richard L. Spencer, ni le batteur G.C. Coleman n'ont touché un cent sur ces samples. Il faudra se contenter de la célébrité et de la satisfaction de savoir que son groove a fait dancer la planète entière. Certaines sociétés ont même poussé le bouchant très loin en proposant des kits de samples, dont l'amen break, en imposant un copyright sur ce sample!

Je finis avec un exemple d'usage extrême de l'amen break par Squarepusher en 1997, intitulé "Vic Acid". Notez que le break a été découpé ("chopped") tout comme sur "King Of The Beats" mais avec une meilleure qualité et un usage plus poussé. Avec les sons individuels (hihat fermée et ouverte, caisse claire, grosse caisse) des rythmes tout à fait nouveaux sont créés. Le concept est poussé dans ses limites, tout comme le tempo.

free music
Par Simon - Publié dans : FYI - Communauté : Le Monde du Rock
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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /Fév /2008 04:29
Décidement la vie n'est pas très palpitante quand on s'appelle Mike Patton. Après avoir connu le succès avec Faith No More tout en continuant à satisfaire les amateurs les plus snobs avec Mr. Bungle, on peut trouver la vie assez chiante une fois ces deux groupes séparés. Alors pour passer le temps on reforme un groupe ou deux : Fantômas en 1998, Tomahawk en 2001, Peeping Tom en 2006. Les uns à la suite des autres, mais pas les uns après les autres : Patton accumule les projets comme d'autres les chaussettes sales. Comme 24 heures par jour ça fait beaucoup, Patton va aussi aider ses potes. Il enregistre une floppée d'album avec John Zorn en particulier mais aussi un avec The Dillinger Escape Plan, un avec The X-Ecutioners et encore d'autres noms qui m'échappent ou me sont inconnus. Je vous passe la liste de ses apparitions ponctuelles comme guest sur divers albums, parce qu'on est pas sur Wikipédia ici. Il prête aussi sa voix à quelques jeux vidéos et films, à titre de passe-temps. Je ne sais pas où il trouve le temps de tout enregistrer, vu que moi je ne trouverais sans doute jamais le temps de tout écouter.

J'imagine que ses parents lui ont dit que musicien n'était pas un vrai métier. Alors il a décidé de fonder un label. C'est visiblement plus classe sur les cartes de visite. Ou alors il ne trouvait pas de maison de disque qui accepte de publier des disques à la même fréquence qu'il les enregistre. En 1999 il fonde donc Ipecac Recordings. Le label tient son nom d'un prétendu médicament, une plante au pouvoir vomitif extrêmement puissant. D'où le slogan "Making People Sick Since 1999". Contrairement à la plupart des labels indépendants et à toutes les majors, Ipecac ne signe que des contrats pour un album, par opposition aux contrats classiques qui obligent les artistes à sortir un certain nombre d'albums sur le label. Ce qui, bizzarement, n'empêche pas les artistes d'y rester.

Le catalogue est très varié, et pourtant il l'est à peine autant que la discographie de Patton. On y trouve bien sûr tous les nouveaux albums des groupes de Patton, ou encore quelques groupes alternatifs (les Melvins, les dernières Desert Sessions, Isis ou Mondo Generator). Dans un genre un peu moins attendu, écoutez aussi l'excellent groupe de hip-hop Dälek, ou bien Dub Trio, qui fait du dub (étonnant non?) en y incorporant des éléments assez metal. Le plus étonnant dans tout ça, c'est finalement la présence de Northern State, et sa dance music pour le moins optimiste et radiophonique (oserais-je dire chiante?). Difficile de tout aimer sur ce label, tant la production est variée. En tous cas cela montre un souci d'ouverture très louable, et la qualité musicale est souvent au rendez-vous.

www.ipecac.comti_bug_fck
Par Simon - Publié dans : FYI - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 23:30
Report d'une conversation que j'aurais probablement en 2058 avec mon petit fils.

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-Dis papi, qu'est-ce que tu fais enfermé toute la journée dans ton grenier?

-J'écoute des disques...

-Quel genre?

-Du rock pyschédélique, les années 60, tout ça...

-Papi tu débloques, les années 60 n'ont pas encore commencé!

-1960! On vous a pas appris à l'école que le monde existait avant vous?

-La vache... je te pensais pas si vieux!

-Ben voyons traite moi de débris! Mais non je ne suis pas si vieux...

-Tu veux dire que tu écoute la même musique que tes parents!?

-Hum, en fait non, mes parents étaient... un peu trop jeunes pour bien connaître Jimi ou le Velvet. Ils auraient pu être punks mais non, même pas.

-Beurk, le punk! Qui peut appeler ça de la musique?

-Dis donc, le remix trash-tecktonik du single de la Star Ac' 42, tu crois que j'appelle ça de la musique, moi?

-Mais alors tu n'écoutes que des trucs qui étaient déjà vieux quand tu étais jeune?

-Mais non j'aime aussi le grunge, les années 90.

-Tu as vu Kurt Cobain en concert alors?

-Pas vraiment... J'avais 5 ans quand il mort.

-Tu as déjà vu un concert papi? On dirait que t'as jamais connu de groupe vivant. Les Rolling Stones tiens, ils sont de ton époque et ils jouent encore!

-Oui enfin aujourd'hui Jagger en est déjà à son troisième clone. Keith est plus une machine qu'un homme, comme Dark Vador.

-Qui ça?

-Un méchant dans un film.

-Un film de vieux, en 2D?

-Je commence à en avoir marre de tes impertinences! File dans ta chambre et écoutes
Songs For The Deaf. Tu reviendras quand tu seras calmé pour me dire ce que tu en penses.

-Mais papi, comment veux tu que je passe tes vieux CD? On a jeté la platine il y a déjà  longtemps!

* * * * * * *

Voilà donc le futur peu radieux qui m'est réservé. Mais rien d'inquiétant, le présent c'est déjà un peu ça!
Par Simon - Publié dans : Billets d'humeur - Communauté : Le Monde du Rock
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